Les différents styles de Street Art

Le Graffiti

      Le New York des années 1970 est une ville en crise dans un pays en crise,où cumule pauvreté, ségrégation raciale et guerres de gang. C'est dans ce contexte dégradé qu'émerge le versant populaire de l'art urbain : le Graffiti.

D'après les dictionnaires le graffiti est : « Une inscription ou un dessin griffonné par des passants sur un mur ou un monument. »

Cette définition ne reconnait même pas le graffiti comme un art.

En réalité, le graffiti c'est avant tout un moyen de s'exprimer, qui consiste à apposer sa marque, sa signature, son blaze sur n'importe quelle surface sur laquelle adhère la peinture.

Comme tous les autres street-artists, les graffeurs utilisent la rue comme vecteur de communication et imposent leurs productions aux yeux du passant. En effet, le graffiti « capturé » sur une toile n’en est plus un : il a perdu son caractère éphémère et public.

Avec le temps, les graffeurs inventent de nouvelles techniques, qui sont maintenant les principales et les plus communes : la peinture aérosol et la peinture indélébile.

Le pochoir :

Un pochoir c'est une feuille de papier, de carton , de métal ou même, des radiographies découpées sur lesquelles on passe une couche de peinture ou bien où l'on « bombe » pour obtenir un dessin.

     Le pochoir, également appelé "stencils", apparaît au début des années 80. Lorsque les murs de Paris étaient saturés de graffitis, le pochoir apparaît comme une nouvelle forme d'expression urbaine. En effet, des artistes de l'époque comme Blek le Rat ou encore MissTic voulant se différencier des fameux graffitis New-yorkais se mettent à utiliser cette technique. L'avantage du pochoir est qu'il se transporte facilement et qu' un motif peut être reproduit un bon nombre de fois en une seule nuit. Le pochoir doit être assez robuste pour survivre au transport et à l'utilisation qu'en fait l'artiste.

Le sticker art :

   Selon l'étymologie, le mot « sticker » est anglais et vient du verbe « to stick » c'est à dire « coller ». On traduit donc ce mot en français par le mot « autocollant ».

Le sticker est une forme de Street Art où à l'aide d'autocollants, on affiche un message ou bien des images. Cette forme de Street Art permet de poser un sticker instantanément sur n'importe quelle surface adéquate et accessible.Tout ça sans trop de risque et en causant moins de dommages à la surface utilisée par rapport à d'autres formes de Street Art tel que le pochoir ou bien le graffiti. Il peut être utilisé par n'importe qui, n'a pas besoin de matériel particulier et on peut être garanti qu'il restera collé des mois,voire des années.

Les installations :

     Les installations ou bien « street installation » (installation de rue ) sont de plus en plus courantes au sein du mouvement Street Art. Alors que le Street Art de base se fait sur des murs; dans ce nouveau style, les artistes utilisent des objets en trois dimensions et de l'espace pour rehausser, interagir et interférer avec l'environnement urbain. Ces installations sont souvent crées pour être prises , déplacées par le public dans le cadre de la vie interactive de l'installation. Contrairement au graffiti, ces œuvres de rue sont généralement conçues d'une manière qu'aucun dommage ne soit causé à la propriété ou l'emplacement dans lequel l'installation est placée.

Le Yarn bombing :



    Yarn bombing ou « street tricot » mouvance artistique au carrefour du land art et surtout du Street Art renouvelle celui-ci  avec une agréable touche d'humour. Cette forme d'art urbain utilise surtout la technique du tricot avec de multiples couleurs de fils. Il investit les statues, les arbres, en réalité n'importe quoi dans la rue qui pourrait être recouvert de tricot. Le principal objectif est d'habiller les lieux publics en les humanisant et en essayant d'attirer le regard des passants. Le yarn bombing reste illégal lorsqu'il ne s'agit pas d'une demande des pouvoirs publics.

Voici ci-dessus l'arbre d'un park recouvert de laine d'une multitude de couleurs. 

       Et ici ce sont les marches d'escalier qui sont recouverts de laine.

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Tape Art

      Cette technique est basée sur la réalisation d’œuvres à partir de rubans adhésifs. Qu'il soit opaque pour le « Duct tape art », ou du simple scotch d'emballage pour le « Brown tape art », il représente un nouvel outil d'expression pour les artistes. Elle apparaît dans le courant de l'année 1989 aux États-Unis.

*Brown tape art

                

     Max Zorn, Artiste Hollandais qui, à l'aide d'un scalpel, d'une plaque de plexiglas, et de scotch d'emballage représente des portraits qui nécessitent pour êtres vus, d'une lumière derrière le collage. C'est pourquoi il se sert de lampadaires comme support. On retrouve ses œuvres dans de nombreux pays, tel l'Allemagne, la France, l'Espagne, le Royaume-unis, le Portugal et le Pays-bas.

     Le Brown tape art joue sur la superposition de scotch pour créer des nuances et faire apparaître la forme voulue. Un scotch couleur havane, qui sert la plupart du temps à fermer les cartons de déménagement ou les colis. C'est Mark Khaisman qui s'approprie cette technique et qui en est l'innovateur, mais c'est Max Zorn qui diversifie cette technique en l'étendant au Street Art, puisqu'il accroche ses oeuvres partout dans les rues.

Mark Khaisman , Brown tape art.

*Duct tape art

      Le Duct tape est une sorte de scotch souvent utilisé par les maçons. C'est un scotch toilé et imperméable, avec une forte adhésion sur tous supports. Il est souple et se coupe à la main, on retrouve principalement ce ruban adhésif dans les tons gris et noirs, mais on peut également en trouver d'autres coloris. Des artistes détournent ce scotch pour en faire le duct tape art. Comme le groupe Allemand Klebebande, ou encore l'artiste australien Buff Diss, qui s'approprient nos rues à coups de rubans adhésifs.